Documentaire et vidéoclip maintenant en ligne!

Dans le vidéoclip du flash mob, vous retrouverez l’énergie déployée par une centaine de Montréalais d’origines diverses, qui exécutaient une chorégraphie en grand groupe au rythme d’une musique originale, lors de l’événement festif du 4 juin dernier à la TOHU. Le court-métrage documentaire, retrace quant à lui les différentes étapes du projet, de la mobilisation des citoyens et des partenaires, à la création de la chanson « Monréalité » par le groupe À portée de mains et de la chorégraphie par Geneviève Lauzon, en passant par différents témoignages de participants impliqués dans le projet.

Bonne écoute!

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Invitation au lancement du documentaire et du vidéoclip!

Vous êtes cordialement invités au visionnement du documentaire Saint-Michel en 375 saveurs : fêter Montréal dans la diversité, ainsi que du vidéoclip du flash mob.

Dans le cadre du projet Saint-Michel en 375 saveurs, des activités ont eu lieu tout au long de l’année, afin de souligner le 375e anniversaire de la Ville de Montréal. Le court-métrage documentaire et le vidéoclip sont une trace de ces festivités, un héritage tangible de la participation et de la vitalité culturelle de Saint-Michel.

Dans le vidéoclip du flash mob, vous retrouverez l’énergie déployée par une centaine de Montréalais d’origines diverses, qui exécutaient une chorégraphie en grand groupe au rythme d’une musique originale, lors de l’événement festif du 4 juin dernier à la TOHU. Le court-métrage documentaire, retrace quant à lui les différentes étapes du projet, de la mobilisation des citoyens et des partenaires, à la création de la chanson « Monréalité » par le groupe À portée de mains et de la chorégraphie par Geneviève Lauzon, en passant par différents témoignages de participants impliqués dans le projet.

Soirée lancement du documentaire et du vidéoclip
Quand : 14 septembre 2017, 17h
Où : La Maison D’Haïti (3245 Avenue Émile-Journault)

Communiqué du lancement ici

Le Centre Thériault | tu me manques tellement

6 organismes et institutions du quartier de Saint-Michel ont pris part au projet de correspondances. Dans les prochains billets, je vous présenterai, à tour de rôle, nos 6 groupes de correspondants et les spécificités de chacun.


Avec Anthony, Irma, Isabel, Hanh, Hover, Luz, Marco, Mirbet, Neri, Phalla, Rafaël et Raul (absents de la photo : Brian et Ruby)

  • cartes: créer des ponts – tu me manques tellement (une carte postale collective)
  • textes : textes individuels écrits par les participants

Les participants du Centre Yves-Thériault ont choisi d’illustrer leur carte postale d’un dessin de l’autobus #99, qui passe devant le centre sur la rue Villeray. Ils ont choisi d’inscrire la phrase : « tu me manques tellement » de façon ironique, parce que les travaux devant le centre ont perturbé le transport pendant plusieurs mois de l’année scolaire. Il y a plusieurs chantiers dans le quartier de Saint-Michel, ce qui compliquent les déplacements dans un territoire où il y avait déjà des enjeux de mobilité. Ça ne facilite pas les mouvements, mais ça laisse entrevoir que le quartier est en mouvement, littéralement en chantier, c’est-à-dire en transformation.

« Stevencia,
je vous invite cordialement à notre « boîte de connaissances », ainsi vous pourrez avoir de nouvelles expériences avec nous! En particulier, je me souviens la Fête d’Halloween, le Père Noël. En outre, vous pouvez rencontrer des gens de cultures différentes en un seul endroit. Vous aimeriez visiter notre quartier un jour? J’ai hâte de vous voir bientôt »
– Luz

« Salut Ismaël,
j’ai des amis à découvrir et des choses à connaître. »
– Isabel

« Chère correspondant Cennet
Je suis aujourd’hui dans la salle de classe et créer des routes de communication est très important pour un milieu social de notre quartier. À bientôt… »
– Rafaël

« Bonjour chère Cennet!!
J’espère que tu vas bien. Ce que j’aime le plus autour chez moi : le parc de la Visitation.
On se voit bientôt!! »
– Irma

« Bonjour Mounir
Nous habitons dans le même quartier mais nous ne nous connaissons pas.
Créer des ponts… chercher le chemin du succès. »
– Phalla

« Mounir
Bonjour comment allez-vous?
Un beau souvenir que j’ai du quartier c’est d’avoir fait connaissance avec des gens de différentes cultures. Ça enrichit mes horizons. »
– Neri

« Bonjour Maève,
Pour trouver un moyen de relier les deux rives de l’ancienne carrière Francon on peut construire un pont imaginaire avec la communication. Et toi, quel pont tu aimerais construire? Au revoir »
– Raul

« Bonjour Sandra
Si tu penses étudier le français au Centre Yves-Thériault, n’oublie pas que l’autobus 99 ne passe pas. »
– Marco

« Chère Gisèle
Nous sommes dans un beau pays marqué par quatre saisons. Le printemps est arrivé. On espère l’été chaleureux qui viendra. Je t’envoie mes salutations distinguées et un bon avenir pour vous et votre famille… »
– Hover

« Bonjour Madame Heidy!
Créer des ponts… créer des liens avec toutes les cultures! »
– Mirbet

« Bonjour Maève!
Je m’appelle Hanh. Bienvenue au quartier d’amour Saint-Michel. J’ai un beau souvenir du quartier d’amour. Il y a beaucoup de services comme IGA, Tim Hortons et les restaurants. Tu dois aller essayer le restaurant vietnamien PHO NAM QUAN sur la rue Jarry et coin 15e Avenue. »
– Hanh

Le Centre Thériault | à propos

6 organismes et institutions du quartier de Saint-Michel ont pris part au projet de correspondances. Dans les prochains billets, je vous présenterai, à tour de rôle, nos 6 groupes de correspondants et les spécificités de chacun.


« [Le Centre Yves-Thériault] le plus important centre de francisation au Québec vous
accueille quelle que soit votre maîtrise de la langue française et votre bagage scolaire. Vous désirez parler français pour vous exprimer aisément dans la vie de tous les jours ou pour vous qualifier sur le marché du travail, écrire vos mémoires ou vos travaux d’université… » Le centre est un milieu de vie, c’est un repère, un phare pour les nouveaux arrivants qui le fréquentent, un espace où ils apprennent la langue française, mais où ils ont un réseau d’amis, des intervenants engagés, des activités (sportives et culturelles) à travers lesquelles mieux comprendre la culture. Autour de la langue se crée du liant et la participation à des projets multiples permet de mettre la langue en action. Ce n’est pas facile d’apprendre une langue, ça prend de la pratique et ça prend du temps!

Le centre est situé sur la rue Villeray entre le boulevard Saint-Michel et Pie-IX, non loin du parc François-Perrault. En marchant dans le secteur on peut croiser un musée historique à ciel ouvert au pied de La perle retrouvée – une caverne d’Alibaba de la BD sur Jean-Talon – la lainerie Lépine pour les amateurs de tricot – une nouvelle murale MU de l’artiste Mateo.

Le centre porte le nom d’un auteur québécois, dont le roman le plus connu est sans doute Agaguk. Auteur prolifique avec plusieurs titres publiés, des contes et des livres jeunesse notamment, mais aussi de nombreux articles et essais, des feuilletons radiophoniques, des nouvelles et des récits. Je réalise que je connais mal Yves Thériault, que mis à part quelques extraits lus dans des cours de littérature, je n’ai pas beaucoup parcouru les textes de cet auteur. En scrutant sa bibliographie, où le nord (et le Grand nord) semble omniprésent, je suis attiré par le titre Roi de la Côte Nord; la vie extraordinaire de Napoléon-Alexandre Comeau. Naturaliste, médecin, franc-tireur, trappeur, photographe, pêcheur, cartographe, interprète, conseiller, navigateur, portageur, sage-homme, écrivain, chirurgien, sauveteur, télégraphiste, garde-chasse, visionnaire, autodidacte. Tout un programme ou un voyage, qui invite à (re)visiter notre nordicité. Mais peut-être qu’Yves Thériault n’incarne-t-il plus à lui seul notre vision de cette nordicité? Peut-être y a t-il d’autres livres à lire en parallèle pour aborder la littérature «nordique» québécoise (ou l’imaginaire du nord) et les questions en lien avec l’altérité : Soigner, Aimer (Ouanessa Younsi), Aimititau ! Parlons nous ! (collectif), Nirliit (Juliana Léveillé-Trudel)L’accoucheur en cuissardes (Jean Désy), Les Murailles (Érika Soucy), tout Joséphine Bacon, Kuessipan (Naomie Fontaine)…

Un accident de voiture. L’idée de perdre mon enfant. Les insultes face aux Innus. La mort. Les pères absents. Les coupes blanches dans le Nord. La misère de ma cousine et de ses deux enfants, mon incapacité à lui venir en aide. Les enfants maltraités. Les critiques de ma mère. Gabriel lorsqu’il ne rappelle pas. Les films trop beaux pour être vrais. L’oppression. L’injustice. La cruauté. La solitude. Les chansons d’amour. Les erreurs impardonnables. Les bébés qui ne naissent jamais.
(Naomi Fontaine, Kuessipan p. 9)


Infos supplémentaires :
site officiel de Centre Yves-Thériault
Yves Thériault [wikipedia]
Dans le prochain article, plus d’infos sur le projet de correspondances du groupe du Centre Yves-Thériault…

Le Centre Gabrielle-Roy | tisser les fils de la fraternité

6 organismes et institutions du quartier de Saint-Michel ont pris part au projet de correspondances. Dans les prochains billets, je vous présenterai, à tour de rôle, nos 6 groupes de correspondants et les spécificités de chacun.


Avec Cennet, Heidy, Maève et Mounir (absents de la photo : Gisèle, Ismaël, Sandra et Stevencia)

  • cartes: créer des ponts – tisser les fils de la fraternité (une carte postale collective)
  • textes : textes individuels écrits par les participants

Lors de ma première visite au Centre Gabrielle-Roy, Gisèle nous traduisait certains mots en langue atikamekw, dont le mot école, « skinomadokomokok », qui signifie littéralement l’endroit où on pleure tous. Ça mettait la table… l’école n’est pas un lieu sécuritaire pour tous et l’écriture n’est pas non plus un refuge pour chacun. J’ai travaillé avec différents groupes, dans différents contextes. Des groupes de gens aux parcours divers, des analphabètes, des étudiants en francisation, des intellectuels, des enfants, des aînés… il y a souvent quelque chose à déconstruire avant d’aborder l’écriture (je ne parle même pas de la poésie et ses a priori, on pourrait faire tout un article là-dessus). Plusieurs personnes dans mes groupes ont un rapport douloureux avec la langue écrite. Plusieurs vont me dire : « j’peux pas écrire, moi j’sais pas écrire. J’fais des fautes. » Et il faut savoir que, personnellement, je ne m’intéresse pas aux fautes, mais plutôt aux messages. Je ne veux pas dire qu’il ne faut pas tenir compte du bon usage de la langue, mais plutôt, qu’on doit accompagner chacun dans l’écriture, où il est rendu dans l’écriture. Travailler une chose à la fois et mettre l’accent sur l’expression, la communication, l’empowerment par la prise de parole. Retrouver aussi le plaisir de la langue, de jouer avec la langue, de rire avec la langue, d’imaginer des combinaisons sonores, des juxtapositions de mots qui font images et qui permettent de voir autrement, de faire passer les mots dans le corps, d’apprivoiser notre voix. Accompagner un groupe dans l’écriture, c’est être funambules à plusieurs sur un même fil. Avec souvent des moments de grâce… comme nous en avons eu un avec Stevencia, par exemple, qui nous partageait qu’elle écrit une carte à sa fille tous les mois depuis le moment de sa naissance. Une façon de lui communiquer son amour et de garder la mémoire de l’attachement, qui se construit au fil du temps.

Avec le groupe, nous avons élaboré une carte postale à partir d’images de google street view. Les participants voulaient que les deux écoles soient représentées sur la carte et aussi, les couleurs de l’arc-en-ciel. Ils se sont questionnés à savoir, ce qu’ils voulaient tisser : solidarité, histoire commune… pour s’arrêter sur le terme « fraternité », qui pour eux, signifiait un peu tout cela.

« Bonjour Isabel
À Gabrielle-Roy nous sommes très diversifiés culturellement. C’est ce qui m’attire le plus à Gabrielle-Roy et à Saint-Michel. C’est pour cela que j’ai choisi l’arc-en-ciel [sur la carte]. »
– Ismaël

« Bonjour Mirbet
Comment vas-tu? Quelques mots sur une carte pour débuter une belle amitié. Je suis étudiante à Gabrielle-Roy, j’ai une petite fille elle a 13 mois. Promenade au parc, plein de bisous sur le visage qui m’illuminent ma journée. Et toi, as-tu un enfant (quel âge?) Quel est ton rêve le plus fou? Je suis impatiente de te lire.
À très bientôt
Amicalement »
– Stevencia

« Bonjour Irma,
Mon plus beau souvenir est d’avoir gagné la troisième place au soccer avec mon équipe Gabrielle-Roy. Dans l’école Gabrielle-Roy nous sommes vraiment sportifs et énergiques. »
– Mounir

« Bonjour Marco,
J’espère que tu vas super bien. Je te partage ma carte pour tisser des liens. J’étudie à Gabrielle-Roy depuis un petit bout de temps et j’aime bien l’atmosphère qui règne là-bas. Ça te dirait de tisser des liens avec moi, partager des beaux souvenirs vécus dans notre quartier, organisme, école?
»
– Stevencia

« Bonjour,
mon nom est Maève, j’étudie à Gabrielle-Roy depuis un an. Tu peux voir sur notre carte il y a un pont et celui-ci définit ce lien qui nous relie entre ton école et la mienne. Pour moi la fraternité signifie : l’amour, l’amitié, la force, le courage dans tout son ensemble.
Et toi?
»
– Maève

« Bonjour Phalla,
je suis Cennet une étudiante de Gabrielle-Roy depuis environ 2 ans. Nous avons choisi les 2 écoles parce que ce sont les 2 écoles qui représentent St-Michel. Dans mon coin, il y a un centre appelé CECRG. Le centre fait plusieurs activités durant l’été et encore
l’hiver. Ce centre réunit toutes les cultures des gens autour ou du quartier St-Michel. »
– Cennet

« Bonjour Hover,
je m’appelle Gisèle, je fréquente le Centre GR depuis 5-6 mois. Quand je suis arrivée, je me suis fait des amis plus rapidement. Les étudiants à l’école sont hyper sociables, ce qui permet de faire de nouvelles rencontres et de faire connaissance.
»
– Gisèle Petiquay


Dans le prochain article, je vous parle du groupe de correspondants du Centre Gabrielle-Roy…

Le Centre Gabrielle-Roy | à propos

6 organismes et institutions du quartier de Saint-Michel ont pris part au projet de correspondances. Dans les prochains billets, je vous présenterai, à tour de rôle, nos 6 groupes de correspondants et les spécificités de chacun.


« Le Centre Gabrielle-Roy est un lieu de formation générale pour adultes âgés de 16 ans et plus de la Commission scolaire de Montréal (CSDM). Dans une ambiance chaleureuse à dimension humaine, le centre accueille autant ceux qui ont besoin d’une mise à jour de leurs acquis que ceux qui désirent compléter leur formation scolaire. Il leur procure les outils nécessaires pour participer activement à la vie sociale, culturelle et économique de leur communauté. »

Le centre est situé en plein cœur de Saint-Michel sur le boulevard Saint-Michel, entre les deux parenthèses des deux anciennes carrières. Le centre est voisin d’un jardin communautaire, du parc Ste-Yvette et de la nouvelle maison d’Haïti sur Émile-Journault.

Le cente porte le nom de Gabrielle Roy, enseignante et auteure, notamment de Bonheur d’occasion, de Ces enfants de ma vie et de La route d’Altamont. Une grande écrivaine québécoise. Le souvenir que je garde de mes lectures de Gabrielle Roy est celui d’une impression de familiarité. La paradoxale sensation de découvrir une auteure que je semblais déjà  connaître. Une impression de déjà lu. Je ne sais pas si je me reconnais dans l’écriture de Gabrielle-Roy parce qu’elle a été enseignante avant de se consacrer entièrement à l’écriture. Je ne sais pas si cette résonance provient de la langue ou de l’amour évident de l’écriture ou de cette façon de raconter et de faire voyager dans l’écriture. Il y a ce mouvement dans l’écriture de Gabrielle Roy, celui du train qui mène vers l’eau, qui traverse les montagnes, qui fait voyager jusqu’au bout du pays, loin de la famille. Il y a les enfants et l’exil, la famille et les départs, les aurevoirs et les liens qui ne se délient pas malgré la distance. Il y a cette envie d’y retourner et de me reposer dans les pages. Retrouver cette généalogie littéraire, qui créent des liens entre lecteurs et auteurs. Dans mon arbre généalogique personnel, Gabrielle Roy est une grand-mère réconfortante et toute-puissante, quelqu’un avec qui je prends le thé en philosophant et en élaborant ma prochaine fuite. Où étais-je d’ailleurs, quand je l’ai rencontrée? Dans quel paysage et à quel âge? Est-ce possible que je sois tombée en amour avec Gabrielle Roy parce qu’il y avait chez elle cette recherche d’absolu, cette fuite en avant dans l’écriture, cette marche sans regarder en arrière, cette entièreté, cette avidité de la vie?

— C’est ça, la vie, si vous voulez le savoir — et je ne sus plus à qui elle parlait: une montagne de barda. Heureusement qu’on ne la voit pas dès le début, sans quoi on ne s’y aventurerait peut-être pas; on rechignerait. Mais la montagne se dessine seulement au fur et à mesure qu’on monte. Et du reste, autant de barda on a fait dans sa vie, autant il en reste pour les autres, derrière soi. C’est de l’ouvrage jamais fini, la vie. Avec tout ça, quand on n’est plus bonne à aider, qu’on est reléguée dans un coin, au repos, sans savoir que faire de ses dix doigts, sais-tu ce qui arrive? me demanda-t-elle et, sans attendre de réponse, elle me l’apprit: Eh bien, on s’ennuie à en mourir, on regrette peut-être le barda, peux-tu comprendre quelque chose à ça?
– Gabrielle Roy, La route d’Altamont | ma grand-mère toute-puissante

Collectif Macédoine, projet de mosaïque narrative avec Isabelle-Claire Murphy et Chantal Bergeron et les jeunes du Centre Gabrielle-Roy dans le cadre du programme de Persévérance scolaire


Infos supplémentaires :
site officiel du centre Gabrielle-Roy
Gabrielle Roy [wikipedia]
Dans le prochain article, plus d’infos sur le projet de correspondances du groupe du centre Gabrielle-Roy…

Rencontre entre les Habitations Laure-Conan et Gabriel-Sagard

6 organismes et institutions du quartier de Saint-Michel ont pris part au projet de correspondances. Dans les prochains billets, je vous présenterai, à tour de rôle, nos 6 groupes de correspondants et les spécificités de chacun.


La rencontre avait lieu aux Habitation Laure-Conan le 20 avril dernier. Certains participants s’étaient déjà voisinés, d’autres se rencontraient pour la première fois, Nous nous sommes dégourdis les jambes avec quelques exercices dirigés par Mimo et ensuite nous nous sommes retrouvés autour d’une table bien garnie. Les cartes ont été échangées pendant le repas, préparé en grande partie par Lucienne et Irène, qui nous ont accueillis royalement.

Partager des mots et de la nourriture, se raconter, parler des jardins qui s’en viennent en même temps que le soleil. Être ensemble, prendre le temps de s’écouter, de faire vivre une salle qui a besoin d’être habitée. La table en coin accueille un nouveau casse-tête. L’intervenante, Martine, qui distribue des pains et qui nous met de la musique en tête, joyeux ver d’oreille. La bouffe au cœur du vivre ensemble pour délier les langues.

Les Habitations Gabriel-Sagard | le pont entre les saisons

6 organismes et institutions du quartier de Saint-Michel ont pris part au projet de correspondances. Dans les prochains billets, je vous présenterai, à tour de rôle, nos 6 groupes de correspondants et les spécificités de chacun.


avec Gilberte, Jaqueline et Jaqueline, Lourdes, Marie, Marie-Paule (absents de la photo : Martine et Eunice, Carlos Arturo, Kim, Lucille, Marguerite, Raquel et Roger)

Notre groupe des Habitations Gabriel-Sagard se rencontre ponctuellement pour des repas communautaires. Les résidents ont une grande terrasse à l’arrière et des jardins aménagés. Ils sont à proximité du marché solidaire de Saint-Michel, qui tient ses activités dans la parc adjacent Sandro-Pertini. Lorsque qu’on entre aux Habitations Gabriel-Sagard, on entre comme à la maison. L’accueil y est toujours chaleureux.

« Quand tu viendras chez moi
tu seras chez toi
les montagnes douces seront à toi
les nuages seront les tiens
et la neige
toute la neige autour de la maison de bois
eh bien toute cette neige t’appartiendra
»
– Jean Désy, Chez les ours

  • cartes : créer des ponts – le pont entre les saisons (cartes individuelles)
  • textes: un texte collectif et petits poèmes écrits par les participants

À l’intérieur de la salle communautaire il y a aussi une grande variété de plantes, qui donne des allures de jungle urbaine à la place. Lorsque les ateliers ont eu lieu, nous étions toutes et tous un peu las de l’hiver. J’ai apporté différentes propositions de cartes fabriquées à partir de fougères séchées et d’images libres de droits à saveur botanique. Marie-Paule, qui est couturière, a ensuite cousu de merveilleuses bordures colorées à nos cartes.

Les ateliers à Gabriel-Sagard étaient l’occasion de travailler ensemble notre mobilisation et nous en avons aussi profité pour revoir le concept de participation. De fait, on peut s’engager dans une activité de différentes façons, en fonction de différents facteurs, dont notre intérêt et notre niveau d’énergie. Certains jours, s’habiller et descendre dans la salle communautaire pour socialiser est suffisant. Nous avons donc mis l’accent sur la présence et sur le fait que certains préféraient bricoler, d’autres discuter. Que certains s’occupaient d’arranger la salle et de faire du café, tandis que d’autres étaient présents en encouragements. La présence et les soins de chacun additionnés permettaient à l’activité d’avoir lieu. Nous étions tous là, différemment, mais tous présents et nous avons tous participé à la prise de parole.

« Chers résidents des Habitations Laure-Conan,
Nous habitons les Habitations Gabriel-Sagard : un milieu de vie tranquille et bien situé, où chacun est invité à se sentir comme à la maison. Nous aimons accueillir les gens, partager nos jardins et des repas communautaires à chaque mois.

Nous participons à ce projet de correspondances parce que nous aimons les activités qui nous permettent d’être unis, de partager, de bouger et de demeurer actifs, de donner et de recevoir au service de la communauté. Échanger les fruits du jardin, qui deviennent les fruits de l’amitié. Un mouvement de l’un à l’autre, une réciprocité qui sert de terreau à notre bonheur
.

Nous avons bricolé des cartes botaniques pour faire le pont entre les saisons et vous ramener un peu de soleil. Marie-Paule a cousu des bordures de fil aux couleurs vives. Ces coutures entrelacent les bouts de papier, une manière de tisser tranquillement un lien entre nos deux milieux de vie voisins… »

le soleil levant
fruits et légumes poussent
terreau nourrissant

 repas collectifs
nos plantes comestibles
terre travaillée

plates-bandes d’herbes
maison harmonieuse
la vie est belle

 diversité riche
la maison est un jardin
plantes variées

 à l’oeil tu inspires
lavande couleur mauve
détente estivale

fougère de printemps
ton coeur se déguste au repas
tête de violon

majestueuse
hauteur ramène la douceur
grandeur m’éblouit 

partout je te sème [thym]
tapis de sol parfumé
le goût tu donnes 

fougère de mon coeur
sous les feuilles tu caches
picotée d’amour

toute de gris tu es
lignée, verte, l’intérieur
grandes feuilles de passiflora

bue avant la nuit [camomille]
le sommeil elle favorise
Orphée s’installe


Dans le prochain article, je vous parle de la rencontre entre le groupe des Habitations Laure-Conan et des Habitation Gabriel-Sagard…

Les Habitations Laure-Conan | le pont entre les époques

6 organismes et institutions du quartier de Saint-Michel ont pris part au projet de correspondances. Dans les prochains billets, je vous présenterai, à tour de rôle, nos 6 groupes de correspondants et les spécificités de chacun.


Avec Eunice, Annette, Estella, Francine, Irène, Lucienne et Joseph (absents de la photo Martine, Marie, Louis, Marie-Alice, Mathilde, Mimo, Rosita, Thi Toan)

Notre groupe des Habitations Laure-Conan se rencontre tous les jeudis pour socialiser et pour faire des exercices. Des résidents qui désirent faire vivre leur salle communautaire, qui ont des projets de jardins pour cet été et qui voisinent une nouvelle ruelle verte en devenir.

  • cartes : créer des ponts – le pont entre les époques, sucres d’orge maison
  • textes : un texte collectif

J’avais rencontré Annette, une résidente, dans le cadre d’un autre projet. Nous échangions des souvenirs et elle nous avait montré ses moules de sucres d’orge. Elle avait ouvert la boîte dans laquelle les moules étaient entreposés depuis belle lurette comme une boîte de Pandore ou comme une boîte aux trésors. Avec la redécouverte des moules, le temps avait fait un bond dans le passé et nous étions de retour avec Annette chez les sœurs. Annette garde précieusement avec ses moules un livre de recettes des sœurs avec qui elle a travaillé et cuisiné dans le passé. Un livre aux pages jaunies avec des recettes traditionnelles, qui font partie de notre patrimoine immatériel. J’avais gardé en tête qu’Annette devait transmettre son savoir et le partager, poursuivre cette tradition gourmande. Le projet de correspondances me semblait tout indiqué comme prétexte pour ouvrir de nouveau la boîte de moules, afin de revisiter le livre de recettes aux pages écornées. Annette a gentiment accepté de nous transmettre son savoir et les sucres d’orge sont devenus à Laure-Conan le support pour nos messages à l’attention des résidents de Gabriel-Sagard.

Chers résidents des Habitations Gabriel-Sagard,

Nous habitons les Habitations Laure-Conan : un milieu de vie en pleine mutation, qui abritera prochainement de nouveaux jardins ainsi qu’un gazebo et qui voisinera une nouvelle ruelle verte.

La participation à cette activité nous a permis de revisiter un héritage culinaire, transmis par Annette. Nous avons appris comment faire des sucres d’orge dans les merveilleux moules, trésors, en forme d’animaux divers, d’anciennes pintes de lait et de bateaux. Une manière de faire le pont entre les époques. Un prétexte pour vous inviter chez nous et animer notre grande salle. En espérant créer une habitude de ces rencontres qui permettent de sortir de chez soi.

« Participer activement ou passivement, c’est prendre part! »
« To participate actively or passively is taking part! »


Dans le prochain article, découvrez le groupe de correspondants des Habitations Laure-Conan…

Les Habitations Laure-Conan et Gabriel-Sagard | à propos

6 organismes et institutions du quartier de Saint-Michel ont pris part au projet de correspondances. Dans les prochains billets, je vous présenterai, à tour de rôle, nos 6 groupes de correspondants et les spécificités de chacun.


Les Habitations Laure-Conan et Gabriel-Sagard sont des logements qui appartiennent à l’Office municipal d’habitation de Montréal (OMHM) et qui sont  destinés à des personnes retraitées. Laure-Conan et Gabriel-Sagard sont à proximité l’une de l’autre, dans le secteur sud de Saint-Michel (au sud du Métropolitain, près de la station de métro). L’intervenante de milieu de l’organisme Le Temps d’une pause, Martine, était heureuse de s’associer au projet de correspondances, parce qu’elle travaille en permanence à mobiliser les résidents et qu’elle cherche toujours des moyens de créer des ponts entre les Habitations. De fait, il y a des programmations d’activités dans les deux Habitations et certains résidents s’étaient déjà rencontrés, par exemple, dans le cadre d’une conférence ou d’un repas communautaire. Les correspondances permettaient de renforcer des liens, de poursuivre dans cette voie amorcée de se voisiner.


Les Habitations sont situées à proximité de la bibliothèque-piano et du Parc François-Perrault. En marchant dans le secteur on peut croiser une murale aux mille visages connus sur le mur extérieur de la Maison du citoyen – l’autruche de Cooke-Sasseville qui enfouit sa tête dans un gramophone – les cris enjoués d’enfants à la pataugeoire – des odeurs de thé à menthe et des ruelles vertes, qui se réinventent à chaque promenade.

C’est aussi un espace organisé et pensé selon le concept de cité-jardin d’Ebenezer Howard. Des habitations, qui sont concentrées ici dans des rues qui avoisinent un parc octogonal, qui mènent donc vers une place centrale où sont concentrés des équipements et des services publics, des arbres et des lieux culturels.


Infos supplémentaires :
site officiel de Le Temps d’une pause
Dans le prochain article, plus d’infos sur le projet de correspondances du groupe des Habitations de Laure-Conan…