Le Centre Thériault | tu me manques tellement

6 organismes et institutions du quartier de Saint-Michel ont pris part au projet de correspondances. Dans les prochains billets, je vous présenterai, à tour de rôle, nos 6 groupes de correspondants et les spécificités de chacun.


Avec Anthony, Irma, Isabel, Hanh, Hover, Luz, Marco, Mirbet, Neri, Phalla, Rafaël et Raul (absents de la photo : Brian et Ruby)

  • cartes: créer des ponts – tu me manques tellement (une carte postale collective)
  • textes : textes individuels écrits par les participants

Les participants du Centre Yves-Thériault ont choisi d’illustrer leur carte postale d’un dessin de l’autobus #99, qui passe devant le centre sur la rue Villeray. Ils ont choisi d’inscrire la phrase : « tu me manques tellement » de façon ironique, parce que les travaux devant le centre ont perturbé le transport pendant plusieurs mois de l’année scolaire. Il y a plusieurs chantiers dans le quartier de Saint-Michel, ce qui compliquent les déplacements dans un territoire où il y avait déjà des enjeux de mobilité. Ça ne facilite pas les mouvements, mais ça laisse entrevoir que le quartier est en mouvement, littéralement en chantier, c’est-à-dire en transformation.

« Stevencia,
je vous invite cordialement à notre « boîte de connaissances », ainsi vous pourrez avoir de nouvelles expériences avec nous! En particulier, je me souviens la Fête d’Halloween, le Père Noël. En outre, vous pouvez rencontrer des gens de cultures différentes en un seul endroit. Vous aimeriez visiter notre quartier un jour? J’ai hâte de vous voir bientôt »
– Luz

« Salut Ismaël,
j’ai des amis à découvrir et des choses à connaître. »
– Isabel

« Chère correspondant Cennet
Je suis aujourd’hui dans la salle de classe et créer des routes de communication est très important pour un milieu social de notre quartier. À bientôt… »
– Rafaël

« Bonjour chère Cennet!!
J’espère que tu vas bien. Ce que j’aime le plus autour chez moi : le parc de la Visitation.
On se voit bientôt!! »
– Irma

« Bonjour Mounir
Nous habitons dans le même quartier mais nous ne nous connaissons pas.
Créer des ponts… chercher le chemin du succès. »
– Phalla

« Mounir
Bonjour comment allez-vous?
Un beau souvenir que j’ai du quartier c’est d’avoir fait connaissance avec des gens de différentes cultures. Ça enrichit mes horizons. »
– Neri

« Bonjour Maève,
Pour trouver un moyen de relier les deux rives de l’ancienne carrière Francon on peut construire un pont imaginaire avec la communication. Et toi, quel pont tu aimerais construire? Au revoir »
– Raul

« Bonjour Sandra
Si tu penses étudier le français au Centre Yves-Thériault, n’oublie pas que l’autobus 99 ne passe pas. »
– Marco

« Chère Gisèle
Nous sommes dans un beau pays marqué par quatre saisons. Le printemps est arrivé. On espère l’été chaleureux qui viendra. Je t’envoie mes salutations distinguées et un bon avenir pour vous et votre famille… »
– Hover

« Bonjour Madame Heidy!
Créer des ponts… créer des liens avec toutes les cultures! »
– Mirbet

« Bonjour Maève!
Je m’appelle Hanh. Bienvenue au quartier d’amour Saint-Michel. J’ai un beau souvenir du quartier d’amour. Il y a beaucoup de services comme IGA, Tim Hortons et les restaurants. Tu dois aller essayer le restaurant vietnamien PHO NAM QUAN sur la rue Jarry et coin 15e Avenue. »
– Hanh

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Le Centre Thériault | à propos

6 organismes et institutions du quartier de Saint-Michel ont pris part au projet de correspondances. Dans les prochains billets, je vous présenterai, à tour de rôle, nos 6 groupes de correspondants et les spécificités de chacun.


« [Le Centre Yves-Thériault] le plus important centre de francisation au Québec vous
accueille quelle que soit votre maîtrise de la langue française et votre bagage scolaire. Vous désirez parler français pour vous exprimer aisément dans la vie de tous les jours ou pour vous qualifier sur le marché du travail, écrire vos mémoires ou vos travaux d’université… » Le centre est un milieu de vie, c’est un repère, un phare pour les nouveaux arrivants qui le fréquentent, un espace où ils apprennent la langue française, mais où ils ont un réseau d’amis, des intervenants engagés, des activités (sportives et culturelles) à travers lesquelles mieux comprendre la culture. Autour de la langue se crée du liant et la participation à des projets multiples permet de mettre la langue en action. Ce n’est pas facile d’apprendre une langue, ça prend de la pratique et ça prend du temps!

Le centre est situé sur la rue Villeray entre le boulevard Saint-Michel et Pie-IX, non loin du parc François-Perrault. En marchant dans le secteur on peut croiser un musée historique à ciel ouvert au pied de La perle retrouvée – une caverne d’Alibaba de la BD sur Jean-Talon – la lainerie Lépine pour les amateurs de tricot – une nouvelle murale MU de l’artiste Mateo.

Le centre porte le nom d’un auteur québécois, dont le roman le plus connu est sans doute Agaguk. Auteur prolifique avec plusieurs titres publiés, des contes et des livres jeunesse notamment, mais aussi de nombreux articles et essais, des feuilletons radiophoniques, des nouvelles et des récits. Je réalise que je connais mal Yves Thériault, que mis à part quelques extraits lus dans des cours de littérature, je n’ai pas beaucoup parcouru les textes de cet auteur. En scrutant sa bibliographie, où le nord (et le Grand nord) semble omniprésent, je suis attiré par le titre Roi de la Côte Nord; la vie extraordinaire de Napoléon-Alexandre Comeau. Naturaliste, médecin, franc-tireur, trappeur, photographe, pêcheur, cartographe, interprète, conseiller, navigateur, portageur, sage-homme, écrivain, chirurgien, sauveteur, télégraphiste, garde-chasse, visionnaire, autodidacte. Tout un programme ou un voyage, qui invite à (re)visiter notre nordicité. Mais peut-être qu’Yves Thériault n’incarne-t-il plus à lui seul notre vision de cette nordicité? Peut-être y a t-il d’autres livres à lire en parallèle pour aborder la littérature «nordique» québécoise (ou l’imaginaire du nord) et les questions en lien avec l’altérité : Soigner, Aimer (Ouanessa Younsi), Aimititau ! Parlons nous ! (collectif), Nirliit (Juliana Léveillé-Trudel)L’accoucheur en cuissardes (Jean Désy), Les Murailles (Érika Soucy), tout Joséphine Bacon, Kuessipan (Naomie Fontaine)…

Un accident de voiture. L’idée de perdre mon enfant. Les insultes face aux Innus. La mort. Les pères absents. Les coupes blanches dans le Nord. La misère de ma cousine et de ses deux enfants, mon incapacité à lui venir en aide. Les enfants maltraités. Les critiques de ma mère. Gabriel lorsqu’il ne rappelle pas. Les films trop beaux pour être vrais. L’oppression. L’injustice. La cruauté. La solitude. Les chansons d’amour. Les erreurs impardonnables. Les bébés qui ne naissent jamais.
(Naomi Fontaine, Kuessipan p. 9)


Infos supplémentaires :
site officiel de Centre Yves-Thériault
Yves Thériault [wikipedia]
Dans le prochain article, plus d’infos sur le projet de correspondances du groupe du Centre Yves-Thériault…